Financier

Un nombre impressionnant de Belges ont acheté une maison en Belgique ces dernières années. Pour eux, c’est un rêve devenu réalité, mais pour leurs héritiers, cela peut devenir plus tard un obstacle financier en raison des droits de succession et de donation. L’avocate spécialisée Evelyne Van der Elst explique clairement pourquoi il en est ainsi et comment vous pouvez éviter des frais excessifs lorsque vous héritez d’un bien immobilier en Espagne : « il existe différentes options pour éviter des droits de succession excessifs ».

Celui qui saute de joie à l’idée d’hériter d’une propriété en Espagne risque fort de se sentir mal à son retour. Après tout, les droits de succession en Espagne et en Belgique peuvent garantir qu’un tel héritage se révèle être un cadeau empoisonné.

Tout d’abord, il est important de prendre en compte deux principes fondamentaux. La première est que si un résident de Belgique décède, la région où il réside imposera son patrimoine mondial à des taux progressifs. Cela signifie que les taux d’imposition des successions augmentent avec la valeur de l’héritage et que ses avoirs étrangers sont également imposés en Belgique.

Le deuxième principe est qu’au décès du propriétaire, les biens immobiliers étrangers sont également soumis à l’impôt sur les successions dans le pays où ils se trouvent. Ce qui est important, c’est que les droits de succession payés à l’étranger pour la maison de vacances peuvent être déduits des droits de succession que vous devez payer pour le même bien en Belgique.

Combien de droits de succession devez-vous payer en Espagne?

On ne peut pas répondre à cette question simplement en évoquant quelques pourcentages et montants : la situation espagnole est très complexe. Cela est dû au fait que les dix-sept régions qui composent l’Espagne déterminent chacune séparément le montant des droits de succession qu’elles imposent. Et ce n’est pas tout : ils déterminent également séparément s’il convient d’accorder des exemptions et dans quelle mesure ces exemptions sont accordées. Cela signifie que dans une région, de nombreux droits de succession sont dus, tandis que dans une autre région, pratiquement rien n’est dû. Les clients disent parfois qu’ils ont reçu des informations de « amis qui ont aussi quelque chose en Espagne ». Mais vous ne pouvez pas du tout compter là-dessus.

Est-il possible de classer les régions en fonction de celles où l’on doit payer moins de droits de succession?

C’est difficile. La course entre les régions pour attirer les grands investisseurs (étrangers) a récemment entraîné quelques changements. L’Andalousie et Madrid sont depuis longtemps très avantageuses car elles offrent d’importantes exonérations, ce qui signifie qu’aucun impôt sur les successions n’est dû.Un système similaire est en vigueur depuis plusieurs années à Valence et aux îles Canaries.

Dans des régions comme Murcie et la Catalogne, les droits de succession restent élevés. Mais pour établir un véritable classement, le calcul de l’impôt sur les successions en Espagne est trop compliqué. En termes généraux, cela signifie qu’ils prennent comme point de départ la valeur du bien, en accordant si nécessaire une exonération pour une partie de la valeur, par exemple parce qu’il s’agit d’un enfant héritant d’un parent décédé, puis appliquent des taux progressifs au solde. Enfin, une réduction de l’impôt dû peut être appliquée. Le patrimoine antérieur de l’héritier jouera également un rôle à cet égard : le patrimoine de l’héritier avant qu’il n’hérite.

Quant aux frères, sœurs, neveux et nièces, ils sont lourdement imposés aussi bien en Espagne qu’en Belgique. Il faut toujours garder à l’esprit que même si les droits de succession sont faibles dans une région espagnole, vous serez toujours imposé en Belgique. Dans le pire des cas, il n’y a pas d’autre option que de vendre le bien pour payer les droits de succession.

Peut-on éviter un impôt sur les successions aussi élevé?

 

C’est possible : il existe plusieurs façons de le faire. La première est la meilleure : prenez-le en compte avant même d’acheter le bien. Par exemple, vous pouvez impliquer vos héritiers dans l’achat, afin qu’ils deviennent déjà copropriétaires et que le bien ne tombe pas entièrement dans votre succession.

Si vous êtes déjà propriétaire du bien, il est généralement conseillé d’en faire don. La Belgique ne taxe pas les donations de biens immobiliers étrangers, vous évitez donc cet impôt sur les donations.

Mais vous êtes alors à nouveau confronté aux mêmes règles différentes des régions espagnoles : l’impôt sur les donations et surtout les exonérations qui en découlent.

De plus, l’impôt sur les plus-values ​​(19%) est également dû sur une donation, ce qui peut parfois poser problème. Si vous avez acheté un bien immobilier espagnol il y a vingt ans, le prix du marché – et donc la valeur ajoutée – aura considérablement augmenté entre-temps. Morale de l’histoire : n’attendez pas trop longtemps pour faire un don. Dans certaines régions espagnoles, faire un don n’est pas du tout une option, car la combinaison de l’impôt sur les donations et des plus-values ​​est si élevée qu’elle devient inabordable.

Y a-t-il d’autres pièges?

En Espagne, il faut être prudent lors de la division entre l’usufruit et la nue-propriété. L’Espagne impose également l’usufruit au décès de l’usufruitier. Nous n’avons pas ce principe en Belgique.

Y a-t-il une différence si le défunt réside en Belgique ou est désormais domicilié en Espagne?

Si le défunt est domicilié en Espagne, cela devient bien sûr une histoire purement espagnole. Et puis le montant de l’impôt sur les successions dépend de la région où l’on vit : s’il s’agit de l’Andalousie, de Madrid ou de Valence, il sera limité. Mais dans de nombreuses autres régions, cela peut également poser problème, car il existe souvent des exemptions pour le transfert du domicile familial ou du dernier lieu de résidence du défunt.